






Avec la fin du XXe siècle, et la mise en échec d’un monde sans limite, l’aspiration à l’innovation s’est-elle épuisée ? Au siècle dernier le design a été le vecteur de la nouveauté et l’outil de la modernité. Aujourd’hui, les productions d’une génération de designers né·e·s à l’aube du nouveau millénaire révèlent que les destinations, les usages du design sont la fois plus diversifiés, moins linéaires et surtout mus par d’autres objectifs. Le regard de ces jeunes designer·euse·s ne porte plus au loin, mais se focalise sur ce qui est là, cherchant avant tout à considérer les ressources du réel plutôt qu’à capitaliser sur la production de richesses. Leurs préoccupations sont multiples : de la salle de classe à la cour de récréation, du corps social au corps féminin, du modèle viriliste aux nuances du neutre, du poêle de masse à l’industrie solaire, de la rizière à la forêt, du pixel à l’espace muséal, etc. Si ces propositions déconstruisent des modèles, c’est pour nous parler d’alternatives plus que de nouveaux paradigmes, et ce avec enthousiasme, conviction et même allégresse. In fine, de leur attention au monde émerge une approche de la modernité qui tiendrait plus d’un processus d’actualisation que d’une fuite en avant.
Gilles Belley, & Hélène Lemaire, responsables des diplômes de création industrielle et design textile
© photos : Veronique Huyghe
































